Le thème de l’eau a toujours été une préoccupation majeure pour les résidents de Saint-Lazare. Parce que nous dépendons uniquement de l’eau souterraine, nous devons être certains que notre eau potable est protégée. Nous avons beaucoup d’informations provenant de diverses études de Technorem et bien que notre maire ait affirmé à plusieurs reprises qu’il n’y a pas de problème avec les ressources en eau souterraine à Saint-Lazare (et cela peut bien être vrai), nous n’avons jamais examiné sa capacité à long terme ou l’impact de la consommation au niveau régional sur notre zone de recharge. De plus, avec le changement climatique, nous avons constamment a faire à des imprévus, nous devons donc être prêts à tout. Compte tenu de tout cela, il serait sage de s’assurer que nous avons une compréhension et des stratégies appropriées pour l’avenir de Saint-Lazare.

EAU SOUTERRAINE ET ZONE DE RECHARGE

Au Québec, environ 27,7% de la population puise de l’eau potable dans les eaux souterraines. À Vaudreuil-Soulanges, 54% de l’eau consommée est de l’eau souterraine, ce qui est beaucoup plus élevé que la moyenne provinciale. Dans la MRC Vaudreuil-Soulanges, 18 villes sur 23 utilisent les eaux souterraines comme source d’eau potable (en totalité ou approvisionnement mixte- exemple: Vaudreuil-Dorion). Saint-Lazare et Hudson (voir ci-dessous: complexes des buttes de Saint-Lazare et Hudson), contribuent à 41% de la recharge régionale (principalement dans la partie ouest de Saint-Lazare). La recharge correspond à l’eau qui s’infiltre dans le sol et atteint l’aquifère.

 

PROTECTION DES RESSOURCES EN EAU POTABLE À SAINT-LAZARE

La protection des zones de recharge de l’aquifère est particulièrement importante car c’est dans ces zones que l’eau de surface s’infiltre dans l’aquifère. La qualité de la nappe phréatique peut être compromise s’il existe une source de contamination dans une zone de recharge. L’ensemble du système aquifère de Saint-Lazare et d’Hudson est considéré comme vulnérable.

Parce que le mouvement des eaux souterraines est si lent, des problèmes comme la contamination mettent généralement beaucoup de temps à apparaître. En raison de cet événement et du coût exorbitant du nettoyage d’un aquifère contaminé (si cela est cependant possible), il est préférable et de loin d’éviter tout risque de contamination.

Les ressources en eau souterraine peuvent être menacées par les activités humaines et les conséquences incertaines du changement climatique. Une baisse du niveau des eaux souterraines pouvant résulter, par exemple, d’une diminution de la recharge due à l’imperméabilisation des surfaces, au changement climatique ou à la perte de milieux humides, pourrait avoir un impact global sur le cycle de l’eau dans la région de Vaudreuil-Soulanges. De plus, avec l’augmentation des événements météorologiques extrêmes dus au changement climatique, il deviendra de plus en plus coûteux et difficile pour ces municipalités de lutter contre ces changements.

L’IMPLICATION RÉGIONALE

À la suite du «Forum sur la vulnérabilité des Eaux Souterraines» qui s’est tenu en octobre 2018 à St-Clet et auquel le conseiller du district 6 Brian Trainor et moi-même avons assisté, il était clair pour nous que l’élaboration d’un plan régional de gestion des eaux souterraines était nécessaire. Parce que nous n’avions pas entendu parler d’actions ou de discussions au niveau régional sur cette question, en octobre dernier (2019), les six conseillers ont rédigé une lettre à la MRC demandant un plan d’action régional visant à protéger l’intégrité des aquifères et de leurs zones de recharge ainsi que le maintien de la qualité des eaux souterraines qui a ensuite été déposée lors de leur réunion ordinaire du conseil. Les élus de Saint-Lazare ont demandé d’entamer des discussions avec les parties prenantes et la MRC de trouver des solutions et une approche commune.

Étant donné que 54% de Vaudreuil-Soulanges consomment de l’eau souterraine, il est essentiel de travailler ensemble. Il était évident qu’il n’a pas de sens pour Saint-Lazare d’être entièrement responsable financièrement et d’avoir aussi l’entière responsabilité de la protection de la recharge comme les autres villes voisines en bénéficient aussi..

PLAN D’ACTION DE LA MRC

Ce que nous ne savions pas, c’est qu’en décembre 2018, peu de temps après le Forum sur la Vulnérabilité des Eaux Souterraines, le COBAVER avait soumis un projet à la MRC pour développer un plan régional de gestion des eaux souterraines ce qui était à l’étude. Honnêtement, je ne peux pas dire si notre propre maire était au courant des initiatives car rien n’a jamais été mentionné aux conseillers.
En janvier 2020 (3 mois après la remise de notre lettre, coïncidence ou non), la MRC a adopté une résolution pour annoncer un partenariat avec l’Université de Sherbrooke et l’Université du Québec à Montréal qui visait à:

  • Quantifier les services écologiques des eaux souterraines pour l’approvisionnement en eau potable, les rivières et les zones humides
  • Quantifier la pression de l’activité humaine et les pressions climatiques exercées sur les eaux souterraines (actuelles et futures)
  • Élaborer des scénarios de gestion pour assurer le maintien des ressources en eau souterraine dans les prochaines décennies

Ce projet répondait à plusieurs questions et préoccupations sur les quantités d’eau disponibles et sur la protection de la recharge pour les municipalités sur le territoire qui utilisent les eaux souterraines comme principale source d’eau potable. C’était une excellente nouvelle!

COVID-19

Lorsque Covid-19 a frappé, tout a changé pour beaucoup d’entre nous. Les impacts financiers sont pour la plupart inconnus à l’heure actuelle, mais nous savons que les budgets doivent être surveillés et réexaminés pour la plupart des municipalités. Les dépenses supplémentaires, potentiellement moins de revenus provenant de taxes municipales, les pertes d’emplois et l’effet sur le marché immobilier auront certainement un impact sur la plupart des villes. La MRC a également ressenti le besoin de revoir son budget. En mars, les maires de la MRC ont décidé de retirer certains projets de leur budget afin d’utiliser l’argent pour créer un fonds d’urgence pour les entreprises. Cette initiative était sans aucun doute était nécessaire, mais les conseillers de Saint-Lazare n’avaient aucune idée de ce qui se passait à la MRC et aucun détail de cette résolution avaient été partagé jusqu’à ce qu’une résidente me la signale la deuxième semaine de juin!
Nous avons été totalement pris par surprise de découvrir que dans le cadre de ces modifications budgétaires, « tous » les maires de la MRC ont voté pour éliminer cette importante étude de l’eau souterraine.

MAIS POURQUOI?

Je me pose la question : pourquoi notre maire ne s’est-il pas battu pour conserver cette étude très importante? Pourquoi a-t-il voté pour la retirer sachant son importance pour notre ville? Aucune autre ville du territoire de Vaudreuil-Soulanges n’est aussi touchée par cette étude que nous. De plus, le projet devait obtenir une subvention d’environ 250 000 $ (50 % du coût du projet). La contribution financière était d’environ 3 000 $ par an pendant 4 ans pour chacune des 18 villes impliquées dans l’étude. Non seulement cette étude était extrêmement importante, mais le coût pour chaque ville était minime. La MRC n’aurait-elle pas pu trouver d’autres projets de moindre importance à couper?

Une autre question que nous devons nous poser, pourquoi le maire est-il resté silencieux à ce sujet pendant près de 3 mois alors que le sujet de l’eau était constamment évoqué par les résidents et les conseillers? Interrogé à ce sujet, il a affirmé qu’il avait “oublié”. Si l’eau est une telle priorité pour nous tous, comment oublier de mentionner ces changements, surtout quand le sujet a été porté à son attention à chaque réunion du conseil? Pourquoi n’est-il pas fâché comme je le suis ?

Bien sûr, la MRC pourrait éventuellement ramener cette étude, mais il sera beaucoup plus difficile de convaincre les maires de la MRC de voter à nouveau pour cette étude une fois qu’elle a été retirée. Nous ne savons pas combien de temps le COVID-19 sera parmi nous et les budgets seront serrés pendant un certain temps. Plus nous attendons pour cette étude, moins elle sera importante pour les maires qui ne ressentent pas son impact direct sur leur vie quotidienne. Plus la région se développe, plus nous prenons de risques avec l’avenir de notre eau potable s’il y a aucune planification. Je suis vraiment déçu et découragé par le manque de représentation que nous avons au niveau régional et vous cher citoyens, devriez l’être aussi !

Source: http://www.environnement.gouv.qc.ca/_PACES/rapports-projets/VaudreuilSoulanges/VS-scientif-UQAM-201503.pdf