Je dois dire que depuis que je suis conseillère, j’ai beaucoup appris sur l’environnement, en partie grâce aux résidents qui nous poussent à faire mieux et qui mettent toute leur énergie à faire en sorte que Saint-Lazare se développe de manière durable. Ce genre de mobilisation communautaire est vraiment importante de faire en sorte que la ville soit tenue responsable de ses décisions. J’encourage fortement les citoyens à s’impliquer dans ce qui se passe à Saint-Lazare. Voter, assister (ou regarder en ligne) les réunions du conseil, poser des questions, exprimer des opinions sont des facteurs qui ont un impact considérable sur notre démocratie.

Que pouvons-nous tirer de cet article?
Hudson: feu vert à un important projet immobilier en milieu humide

Une ville n’a pas à dire oui à tout développement. C’est souvent une réponse commune que les villes utilisent pour rationaliser leurs décisions. Une ville a évidemment un certain contrôle sur quoi et comment les choses se développent sur leur propre territoire. MAIS, ce qui est important pour une ville, c’est de mettre en place des outils «immédiatement» pour assurer un développement intelligent et durable. Nous savons maintenant plus que jamais que notre environnement a besoin d’être protégé et que nous sommes en train de détruire des zones de haute valeur écologique qui ne pourront jamais être remplacé. C’est la raison pour laquelle ce conseil a mis en place un moratoire à l’ouest de Saint-Lazare. Nous devons nous assurer de bien comprendre le territoire, d’identifier les zones sensibles et de mettre en place des règlements pour protéger notre environnement avant qu’il ne soit trop tard.

Le plan directeur de la conservation adopté en 2014 par le précédent conseil avait été créé à cette fin. Il contient des recommandations et des mesures pour assurer la protection de l’environnement et nos zones sensibles. Malheureusement, après son adoption, très peu a été fait et maintenant nous devons courir pour rattraper notre retard. Les tactiques de pression continuelle des développeurs au sein du conseil rendent la mise en œuvre des recommandations encore plus urgente. Voici les 5 orientations du plan directeur de la conservation sur lesquelles le comité de l’environnement travaille actuellement:

1. Protéger et restaurer le couvert forestier
2. Mettre en valeur et protéger les milieux humides
3. Restaurer, créer et mettre en valeur des corridors verts et bleus
4. Protéger les eaux souterraines et les eaux de surface
5. Promouvoir la conservation et transmettre de l’information relative aux enjeux environnementaux

On entend souvent dire que les réglementations du gouvernement visent à protéger l’environnement (cela semble une hypothèse logique) et que si le ministère de l’Environnement (MELCC) approuve le développement, cela doit être satisfaisant et les villes doivent permettre le développement. Mais le fait est, une ville peut avoir des règlements plus strictes que ce que le gouvernement permet. À titre d’exemple, Saint-Lazare a mis en place des règlements qui interdisent le remblai dans les zones humides ainsi que zéro empiètement dans les zones humides. Il y a également une zone tampon de 10 mètres autour des zones humides. Ce règlement est actuellement en cours de révision pour y ajouter tout le territoire de Saint-Lazare car le règlement s’appliquait seulement pour le périmètre urbain (le processus a commencé lors de la réunion du conseil de mai dernier pour inclure également les zones en dehors du périmètre urbain).

Le défi supplémentaire est que le fonctionnement du système donne beaucoup de pouvoir aux développeurs. Le gouvernement demande actuellement aux développeurs de réaliser leurs propres études environnementales, sur lesquelles ils fondent leurs décisions lors de la délivrance des certificats d’autorisation. Soyons clairs, je ne veux pas dire que tous les développeurs cherchent à abuser du système, mais la façon dont c’est conçu à l’heure actuelle, cela laisse la porte grande ouverte à ceux qui cherchent à faire un profit quelles que soient les conséquences sur l’environnement. Les développeurs savent comment cela fonctionne et ce n’est apparemment pas très difficile de déjouer le système.

Vous trouverez ici des informations sur les exigences minimales que le (MELCC) demande pour délivrer un certificat d’autorisation aux développeurs http://www.environnement.gouv.qc.ca/ministere/certif/fiche1.htm.

Comme vous pouvez le lire dans cet article ci-dessous, le gouvernement a autorisé de nombreux projets au fil des ans, même s’ils détruisaient des zones sensibles. En lisant ceci, il est difficile de croire que le gouvernement prend les bonnes décisions. C’est pourquoi les villes doivent adopter des règlements plus stricts.

Près de 450 hectares de milieux humides détruits en un an 

Il est vrai que si un développeur satisfait à toutes les exigences et à tous les règlements, il sera très difficile d’arrêter un projet. Vous ne pouvez pas rejeter un projet sans raisons solides et légales. C’est pourquoi, le meilleur moyen de protéger nos zones sensibles est de mieux planifier la façon dont nous souhaitons voir le développement et d’intégrer les règlements appropriés dès que possible avant d’autoriser quoi que ce soit.

Je pense que les villes continuent à permettre ces développements pour plusieurs raisons. Manque de connaissances, changement de conseil, ressources insuffisantes, temps insuffisant, budget insuffisant, absence de volonté réelle et planification insuffisante. Il est nécessaire que les villes mettent un frein au développement et s’assurent de planifier et d’apporter des changements «tout de suite» car nos ressources serons bientôt en danger. C’est le seul moyen de contrôler notre développement futur et il faut en faire une priorité. Ces efforts ne vont pas à l’encontre de tout développement, c’est ce que vous appelez faire du «développement durable intelligent»!

« Le développement durable est le principe organisateur permettant de réaliser les objectifs de développement humain tout en préservant la capacité des systèmes naturels à fournir les ressources naturelles et les services écosystémiques dont dépendent l’économie et la société. Le résultat souhaité est un état de société où les conditions de vie et l’utilisation des ressources continuent de répondre aux besoins humains sans compromettre l’intégrité et la stabilité du système naturel. Le développement durable peut être classé comme un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures.” Source wikipedia.org